| L'AQUARELLE |
| Mélange de pigments minéraux, d'eau et de gomme arabique, l'aquarelle est un procédé de peinture – essentiellement adapté au papier et à la soie – dont les couleurs sont transparentes. À la différence de la gouache, qui est opaque, l’aquarelle laisse jouer, par transparence, les couleurs entre elles et avec le blanc du papier ; les réserves, c’est-à-dire les espaces où le papier est laissé vierge, font ressortir les nuances, la luminosité et l’éclat des coloris. Tout comme le lavis, elle convient particulièrement aux paysages et aux thèmes architecturaux. Parmi les premières et très belles aquarelles de l'histoire du dessin figurent en effet les surprenantes études de paysage de Dürer, comme sa Vue du val d'Arco (vers 1495). L'aquarelle intervient pendant longtemps dans la plupart des dessins en légers rehauts1 colorés ; c'est à partir de la fin du XVIIIe siècle, en Angleterre, qu'elle devient un genre autonome, c'est-à-dire une véritable peinture, dans laquelle la ligne tracée ne joue plus aucun rôle structurel. Elle rencontre un immense succès auprès de nombreux artistes, de Renoir à Gauguin et Cézanne au XIXe siècle, de Kandinsky à Klee au XXe siècle.
Touches claires appliquées sur un dessin pour en éclairer certains éléments. Des rehauts de blanc exécutés à la craie, à la gouache, au pinceau ou à la plume, permettent de représenter des reflets et des éclats de lumières. Les rehauts peuvent parfois devenir la technique prédominante pour dessiner à la fois les formes et les contours sur une feuille de papier de couleur sombre. Le verbe rehausser désigne également l’action de colorier : un dessin, tout d’abord dessiné au trait, est rehaussé lorsque il est ensuite peint en couleur. |